Article et interview réalisés par Marie-Line EL HADDAD

Du R&B alternatif à la musique électronique, l’artiste germano-coréen SION a exploré différentes directions musicales au fil de sa carrière. Dans un entretien accordé à Blender Book Magazine, l’auteur-compositeur-interprète et producteur revient sur les influences qui façonnent son univers, son rapport à ses premières créations et son prochain projet, +ink.

Né en Allemagne et désormais installé en Corée du Sud, SION a construit son identité musicale au gré de différentes influences et expériences. Après avoir participé à The Voice of Germany, il s’est lancé sur la scène musicale coréenne, explorant d’abord le R&B alternatif et l’indie pop avant de s’orienter vers la musique électronique et l’hyperpop.

Aujourd’hui, alors qu’il prépare son prochain album, +ink, l’artiste poursuit ses expérimentations musicales tout en reconnaissant l’importance des expériences qui ont façonné son parcours.

© Beautiful Noise

Une identité musicale nourrie de différentes cultures

La musique de SION reflète les différents environnements culturels qui l’ont influencé. La musique classique en Allemagne, la K-pop en Corée du Sud et les sonorités saturées et colorées de la scène japonaise ont toutes contribué à son évolution artistique.

« Cela m’a vraiment aidé à développer un univers sonore très distinct en tant qu’artiste », explique-t-il.

Son intérêt pour la scène musicale japonaise l’a également conduit à collaborer récemment avec l’artiste SATOH sur le titre summerpunk. Cette sortie marque sa première collaboration officielle avec un musicien japonais et témoigne de son admiration pour la scène underground du pays.

« J’ai énormément d’admiration pour la scène musicale underground japonaise. Elle possède une véritable identité, et chaque artiste y propose quelque chose de différent. »

SION aimerait voir une diversité similaire se développer en Corée du Sud, avec des artistes explorant des approches musicales variées. Sa collaboration avec SATOH s’inscrit en partie dans cette volonté.

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La liberté d’évoluer sans renier son passé

Cet intérêt pour la diversité musicale se retrouve également dans l’évolution artistique de SION. D’abord influencé par des artistes comme Zior Park et Tabber, il a commencé sa carrière dans le R&B alternatif et l’indie pop avant de se découvrir un intérêt plus marqué pour la production électronique.

« J’essaie toujours de faire ce qui me plaît. Je ne suis pas du genre à rester cantonné à une seule chose. J’aime beaucoup changer et explorer de nouvelles directions. »

Son passage à l’hyperpop a également transformé sa manière de composer. Plutôt que de partir d’une émotion ou d’une idée de paroles, SION construit désormais ses morceaux autour d’un son ou d’un rythme de batterie, développant progressivement l’arrangement instrumental avant de se consacrer à l’écriture.

« Une fois que j’ai trouvé un bon rythme de batterie, je commence à me demander quelle émotion il suscite en moi. »

Sa manière d’envisager les changements de direction artistique a également été influencée par le parcours de Porter Robinson, son artiste préféré. La capacité du musicien américain à naviguer entre différents genres a encouragé SION à reconsidérer ses propres choix créatifs.

« Il fait simplement ce qui lui plaît, et cela me donne toujours la confiance nécessaire pour remettre en question mes choix en tant qu’artiste. »

Pour autant, explorer de nouvelles directions ne signifie pas que SION souhaite prendre ses distances avec ses précédentes créations.

Interrogé sur sa participation à The Voice of Germany et sur ses débuts, il a tenu à préciser que certains de ses anciens commentaires avaient été interprétés par ses fans comme l’expression de regrets.

« Je suis vraiment reconnaissant d’avoir traversé cette période. »

Même s’il n’apprécie pas particulièrement de réécouter certaines de ses anciennes chansons ou prestations, SION reconnaît que ces expériences ont joué un rôle essentiel dans son évolution.

« Je respecte profondément mon parcours. Ce sont mes chansons, ce sont comme mes enfants. »

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Une vision plus colorée de l’hyperpop

Cette volonté de suivre ses propres aspirations créatives se retrouve également dans son prochain album, +ink. Avec ce nouveau projet, SION souhaite explorer une autre facette de l’hyperpop, à contre-courant des sonorités plus sombres et davantage influencées par le hip-hop qu’il observe sur la scène coréenne.

« L’hyperpop que j’écoutais en grandissant était beaucoup plus colorée, ludique et pleine de joie. C’est ce que j’aimerais essayer de faire revenir. »

Le projet introduit également un personnage baptisé +ink, imaginé comme une mascotte incarnant l’atmosphère colorée et ludique de l’album. Plutôt que de construire un univers fictif autour d’une histoire élaborée, SION souhaitait créer une figure visuelle capable de représenter sa musique sans avoir à se placer systématiquement au premier plan.

À travers ce nouveau projet, il entend ainsi développer une identité artistique fidèle à sa propre vision du genre.

« Je veux tracer ma propre voie dans l’univers de l’hyperpop. »

© Beautiful Noise

La musique au-delà des frontières

Les expériences internationales de SION ont également façonné son approche de la scène. Après plusieurs tournées européennes, notamment à Paris, il a constaté certaines différences dans la manière dont les publics réagissent à ses performances.

Alors que les spectateurs en Corée et au Japon peuvent parfois se montrer plus réservés, les publics européens ont tendance à être plus énergiques et participatifs. Ces différences influencent sa présence sur scène : face à un public plus calme, il privilégie la précision vocale, tandis qu’une salle plus réactive l’encourage à favoriser les échanges et l’énergie du concert.

Il remarque néanmoins que le public coréen devient progressivement plus expressif.

La France occupe une place particulière dans les centres d’intérêt de SION, notamment grâce à sa scène musicale underground. Déjà passé par Paris, il exprime son admiration pour des artistes français tels que 23wa et Theodora, dont il apprécie particulièrement le travail. Ayant également des amis installés en France, il espère pouvoir y développer de futures collaborations et revenir s’y produire.

Avant de conclure l’entretien, SION a tenu à remercier son public français pour son soutien, malgré la distance géographique qui les sépare.

« J’ai le sentiment que la musique a le pouvoir de dépasser ces distances, et c’est ce que j’aime dans la musique. »

« J’ai vraiment hâte de vous retrouver un jour en France. »

Merci à Beautiful Noise et à SION pour leur accueil chaleureux!

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Posted by:Marie-Line El Haddad

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